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Les
contre cérémonies en France

Cousin
américain et ancêtre du parpaing des Gérard, le Razzie Award prend la
forme d’une framboise dorée.
Cinéma : Bidets et Brutus
Dans le sillage des Razzie Awards, qui existent aux
Etats-Unis depuis 1980, les premiers en France a avoir tenté un prix du
worst-of cinématographique furent les initiateurs des Bidets. Entre 2000
et 2006, les Bidets ont récompensé les pires films, pires scénarios,
pires acteurs et autres catégories sommaires. L’édition 2007 n’a pas
eu lieu, peut-être à cause de la popularité médiatique des Gérard,
qui laisse un goût amer aux organisateurs des Bidets, lesquels déclaraient
en 2006 sur leur blog : « Nous avons six ans d’existence et
14 000 votes cette année. L’Académie des Gérard vient juste d’être
créé, ils auto-proclament les vainqueurs eux-mêmes et s’éteindront
l’année prochaine ». Egalement moribonds au moment où sont
imprimées ces lignes, les Brutus ont récompensé de 2002 à 2005 "les
grands films (très) malades, les génies incompris, les nanars
flamboyants, les interprètes (vraiment) dramatiques, les chefs d'oeuvres
périssables".
Tennis : Le prix citron
Le prix Orange est décerné
chaque année en marge du tournoi international de tennis de Roland Garros
par une association de journalistes. Il récompense le joueur « le
plus fair-play du circuit international, disponible et chaleureux avec la
presse et le public ». Beaucoup plus drôle est le « prix
citron », qui revient quant à lui au joueur ayant « la plus
forte personnalité, fort en zeste et en caractère »… c’est-à-dire,
dans le jargon de la langue de bois journalistique, le plus
casse-couilles. En 2007, il a été décerné au français Paul-Henri
Mathieu.
Football : Les ballons de plomb
Réponse parodique au Ballon d’or de France
Football, le Ballon de plomb est remis chaque année par les lecteurs des
Cahiers du Football au joueur de Ligue 1, français ou étranger, qui aura
rassemblé le plus d’opinions négatives sur son nom. Au sujet de Matt
Moussilou, le vainqueur 2007, les Cahiers du football ont écrit : « Fabien Barthez, que beaucoup voyaient gagnant après son
rocambolesque intérim nantais, échoue au pied du podium. Et comme –
après Bernard Mendy en 2006 –, c'est un autre footballeur limité mais
plutôt sympathique qui l'emporte, la controverse sur l'esprit du Ballon
de Plomb est provisoirement tranchée: à deux reprises, les talents
burlesques ont primé sur les stars déchues... »
Politique : Le prix presse club, humour et politique
Décerné chaque année par le « Presse
club de France » présidée par André Bercoff, le prix « Presse
club, humour et politique », récompense la « petite phrase »
la plus drôle proférée par un personnage politique. Le grand intérêt
de ce prix est qu’il ne s’intéresse pas seulement aux phrases drôles
à dessein, mais gratifie aussi celles qui le sont à l’insu de leurs
auteurs. Ainsi, en 2007, si le prix a été attribué à Patrick Devedjian
pour son «Je suis pour un gouvernement d’ouverture ; y compris aux
Sarkozistes, c’est tout dire », Arno Klarsfled, alors candidat à
la députation dans le douzième arrondissement de Paris, n’en
concourrait pas moins avec son désormais légendaire « Je ne
suis pas un expert du 12ème arrondissement, mais je l’ai traversé
quand j’ai couru le marathon de Paris ». Ce prix existe depuis
1988. Cette année là, il avait été remporté par Raymond Barre pour la
suivante réplique : « Quand le moment est venu, l’heure est
arrivée ».
Littérature : Le prix de Flore
A l’instar des Gérard qui récompensent le pire
de la télévision et du cinéma, le prix de Flore récompense chaque année
le pire roman publié en France. Du « Rendez-vous » de
Christine Angot au « Nicolas Pages » de Guillaume Dustan, le
palmarès du Flore est redoutable ! La grande force du Flore
est d’avoir réussi à se faire passer pour un véritable prix, remis
par un jury sérieux, aux yeux des médias. D’excellents gags sont
pourtant là chaque année pour trahir les intentions de ses
organisateurs. Le dernier en date : attribuer prix le Flore 2007,
censé récompenser « un jeune auteur au talent prometteur »,
au dernier livre d’Amélie Nothomb.
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