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Gérard Egrotant, académicien rebelle
Dernier introduit dans le cercle fermé de l’Académie Française pour son œuvre littéraire caustique – on peut notamment citer ses trois écrits majeurs « Petit traité de virilité ordinaire » (1985, prix Ithyphalle), « Place aux surhommes » (2001), « Pour une théocratie des Gérard » (2003, prix Erectile) - Gérard Egrotant est aujourd’hui assis sur un fauteuil éjectable. En effet, les sphinx de notre belle langue française ont taxé l’énergumène de transfuge quand celui-ci a annoncé son désir de créer un nouveau dictionnaire, le Gérard, dans le but avoué de supplanter le Robert. Ainsi, Gérard Egrotant se définit lui-même comme un militant : « Notre langue est phagocytée depuis trois siècles par quelque quarante apparatchiks qui se complaisent dans la nostalgie d’un vieux francique fossilisé, explique t-il. A l’aube d’une ère nouvelle où se développe un courant de pensée affranchi de toute nomenklatura, il m’apparaît évident et nécessaire d’offrir à ces esprits libres un dictionnaire de référence. Il ne s’agit pas d’inventer de nouveaux mots, concède t-il avec humilité, mais de réécrire les définitions des soixante-mille mots du Robert à la lumière de la vision particulière du monde des Gérard ». Ainsi, parpaing n’aurait plus le sens commun de « bloc de béton creux » qu’on lui connaît, mais celui de « trophée récompensant la crétinerie d’un animateur télé ou d’un acteur nominé, remis lors d’une Cérémonie jaculatoire ». De même, virilité ne serait plus défini comme « ensemble des attributs et caractères physiques et sexuels de l’homme », mais « omnipotence psychologique conférée par une verge turgescente atteignant vingt-trois centimètres au minimum ». Faculté ne signifierait plus « aptitude, capacité », mais « don surhumain en tous les domaines ». Naïade n’aurait plus le sens de « divinité mythologique des rivières et des sources », mais de « petite salope dont le cul est un panier percé ». Et Mythologie passerait de « ensemble des mythes et des légendes propres à un peuple, une civilisation ou une religion » à « exégèse canonique imputant l’origine de l’humanité à l’enfant né de la relation adultère d’Eve avec un Gérard ». Gérard
Deuze
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