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Gérard Braquemart
Gérard Braquemart, en quoi vos films sont-ils différents ? Si
le mot pornographie rime avec le mot sodomie, il n’en rime pas moins
avec poésie. Mon but est de marier ces deux formes d’expression
artistique, le porno et la poésie, dans un seul et même espace
d’expression : les films poét-X (prononcer « poétixes »). A
quoi ressemblent-ils ? A
des films porno traditionnels, mais tout en rimes… à l’instar de mon
pseudonyme, Gérard Braquemart. Admirez la rime en « ar ». Certes,
certes, mais c’est car les rimes en « ar » n’offrent pas
des millions de possibilités. J’avais le choix entre « Gérard
Braquemart », « Gérard Grosdard », « Gérard
Queutard »… j’ai choisi le premier, qui a au moins le charme
fleuri du vocabulaire argotique. Je suis l’inverse d’un Bigard, j’ai
même la prétention d’être le Mallarmé du X. Mais il faut connaître
les dialogues de mes films pour le savoir. Des
exemples ! Et
bien, plutôt que de faire dire à un acteur « Je vais te bourrer le
cul », je trouve plus élégant qu’il dise « Offre-moi ton postérieur
que j’explore ton l’intérieur ». Plutôt que « Aaaaaaaaah
je jouis, s… ! », j’aime mieux «Reçois ma semence, sale
engeance ! ». Vous saisissez ? C’est
donc juste une histoire de mots…
Pas seulement. Nos actrices ne sont pas traitées comme des morceaux de viande, comme c’est le cas sur les tournages traditionnels, mais en véritables courtisanes. Toutes reçoivent à leur arrivée sur le plateau un bouquet de roses et une boite de macarons Ladurée. Et
après ?
Après, elles se font bourrer, car c’est tout de même de porno qu’il s’agit. Mais en rimes. |