Arnaud Demanche
Co-présentateur des Gérard de la télévision


Arnaud Demanche, bonjour. Après avoir été interviewé sur nombre de grands médias radio et télé nationaux, vous voici à l'honneur dans Gérard Magazine. Ca vous fait quoi ?

C'est un plaisir immense de voir qu'une publication aussi prestigieuse que la vôtre s'intéresse à nos modestes aventures. Que TéléCableSatellite Magazine ou Morandini se penchent dessus, c'est normal, ils sont là pour parler de télé ; mais que votre journal si sérieux, à vocation sociologique, psychologique, et humaniste prennent du temps pour nous, c'est flatteur.

Comment vous sentez-vous à l'approche des prochains Gérard de la télé sur Paris Première ? Impatient ? Stressé ? Blasé ?

Mes joyeux compères sont des gens tranquilles. Je suis habituellement stressé pour nous trois. Cette année, l'expérience aidant, mon taux de stress n'est que de 2,4 personnes, ce qui est normalement un taux de natalité. C'est donc positif. 

Les premiers Gérard de la télé diffusés sur Paris Première ont donné lieu à une cérémonie très chic et « de gala » au théâtre du Splendid. Quelques mois plus tard vous nous avez proposé l'exact inverse avec une cérémonie « Michel Gondry style » dans une salle minuscule et des décors en carton pour les Gérard du cinéma. A quoi faut-il s'attendre pour les Gérard de la télé 2008 ?

Cette année, c'est le Théâtre Michel qui accueille les Gérard. Niveau taille, c'est un équivalent du Splendid. Quant à la mise en scène, elle marquera un retour au chic et au bon goût, mais dans une perspective européenne et adaptée au contexte économique morose que nous subissons actuellement. Nous avons du d'ailleurs la recalibrer pour la faire certifier ISO9001.

Parlons un peu des catégories et de votre tête de turc de l'année : Christophe Hondelatte, nommé quatre fois. Vous avez des comptes à régler avec lui ?

Il n'a juste pas eu de chance : son émission que personne ne regardait, nous l'avons quand même regardée. Elle se résumait à faire débattre deux ou trois has-been sur des classements de meilleures vente de livres, de disques ou autres. C'est à dire faire découvrir aux gens ce qu'ils achètent déjà massivement. L'idée du siècle. Si nous n'avions pas été là, cette escroquerie serait peut-être encore debout, et Christophe Hondelatte et ses chroniqueurs en plastoc continueraient de détourner ainsi l'argent de leur chaîne en toute impunité. Notre rôle de Robin des Bois du Paf nous obligeait à faire quelque chose.

Pourquoi décerner un « Gérard du maboule » ?

Si vous n'avez jamais vu Marine Méchin en pleine action de coaching émotionnel, vous avez loupé de grands moments de télé. A ce sujet, croustillante anecdote : Paul Wermus m'a appelé, et j'ai du lui expliquer pourquoi il était maboule. Toutefois, ces deux exemple ne sont pas dans les mêmes familles. Là où Marine Méchin occupe le terrain de la psychiatrie, Paul Wermus est du bois dont on fait des Nikos ou des Julien Lepers, les survoltés du bulbe qui s'excitent comme si ils avaient marqué en finale de Coupe du Monde alors qu'ils viennent juste de réussir à faire leur lit.

Le Gérard de la France d'en bas (l'émission avec des pédophiles, des chômeurs et des consanguins, filmée dans le Nord, comme par hasard), c'est pas un peu trash, ça, comme catégorie ?

Ce qu'on peut déjà appeler l'Affaire de la Catégorie Anti-Ch'tis nous dépasse, ce serait chic de votre part de ne pas en rajouter. (NDLR : il pose sa main devant notre micro)... Non sérieux, les mecs, là, c'est la galère, je peux pas répondre à ça... Mais parce que ! Parce que ! Vous avez pas idée du bordel que c'est. Guy Delcourt ressort le couplet du racisme régional, Martine Aubry nous a appelé pour manifester son dégoût face à la "catégorie de la honte", Christine Albanel veut "éradiquer ces gens-là de la télévision", on est "des nazillons", on a "la haine des ch'tis", on "veut les mettre dans des camps et les gazer"... Je te raconte pas le merdier. Sarkozy a appelé Jacques Expert, le directeur de l'antenne de Paris Première, et lui a soufflé dans les bronches en le menaçant de dissoudre la chaîne... Ce truc nous dépasse... Enfin, bref, passe à autre chose. (NDLR : il retire sa main du micro et sourit hypocritement) C'est un peu d'humour noir, c'était pas méchant. (sic!)

Y a-t-il des catégories que vous n'avez pas ajoutées à votre liste en vous disant « non vraiment, ça c'est trop violent, on ne peut pas le faire » ?

Y a des fois, on se dit qu'on devrait peut-être. (NDLR : il pose sa main devant notre micro). On a dit qu'on arrêtait, avec ça !

La direction de Paris Première exerce-t-elle une censure, ou à défaut une pression, qui jouerait sur le choix des catégories ou des nommés ?

Non, pas spécialement. Il y a parfois des trucs qui ne les font pas rire du tout, alors, forcément, on adapte, mais on a la paix.

Arnaud Demanche, vous considérez-vous comme une star de la télé ? Et si non, aspirez-vous à le devenir ?

Oula non. Présenter des classements de séquences insolites ou demander à des employés de banque de faire tourner une roue, vous trouvez ça enviable ?

Combien avez-vous de groupies ?

Une. Le sex-symbol de notre bande, c'est plutôt Frédéric, qui cultive la groupie comme d'autre font pousser des haricots dans du coton.

C'est quoi « Malédiction », ce court-métrage que l'on peut voir sur le site des Gérard ?

Il s'agit de mon premier court. Frédéric et moi jouons dedans, accompagnés de la jeune Nathalie Radot. Frédéric y est un possédé du démon, moi un prêtre exorciste, et je dois le guérir. Mais comme c'est ma première fois, c'est pas ça qu'est ça.

Je tourne mon second court en janvier, avec cette fois des vrais comédiens pros, je dirais même de la grosse pointure, le genre qu'on voit dans Kaamelott ou chez Dupontel, ainsi que la bande des Gérard au grand complet. C'est un projet ambitieux, qui va me ruiner, et, tenez, si Vincent Belorgey, aka Kavinsky, nous lit, j'aimerais qu'il me contacte car il y a un rôle pour lui dedans. Petit, mais quand même.

En parlant du site des Gérard, on dit que vous avez contribué à sa création… vous avez combien de casquettes, au juste ?

( NDLR il sourit et émet un petit reniflement de rire)

Arnaud Demanche : qui êtes-vous ?

(NDLR son sourire s'élargit, et il s'en va)

 

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