Monsieur Moutarde
Bassiste du Big Gérard's Band

Monsieur Moutarde, pouvez-vous nous présenter le Big Gérard's Band (BGB) dont vous êtes le bassiste?

Le BGB est un quartet (laptop/basse/clavier/guitare) extensible en sextet lorsqu'il se dote d'une section cuivre. C'est l'orchestre officiel de la cérémonie des Gérard du cinéma, de la télévision et de la musique, un évènement festif qui parodie deux fois par an dans le salles parisiennes les cérémonies des César, des 7 d'or et des victoires de la musique. Le BGB est donc une sorte de groupe à grande vitesse au sens où il exécute des jingles, transitions, virgules et autres ponctuations musicales, c'est-à-dire au final des morceaux qui dépassent rarement les 30 secondes. Nous jouons essentiellement du funk, style qui nous semblait plus approprié que l’ambient ou la coldwave pour l’explosivité que nous cherchons à créer. Excusez-moi pour cette avalanche de termes sportifs. Par ailleurs, la moitié du BGB se connaît de longue date pour avoir collaboré au sein d’une même entreprise, ou partagé la destinée d’un autre groupe dans un registre tout à fait différent. Désolé pour cette dernière phrase au style un peu administratif.

Un groupe de jingles? C'est pas un peu frustrant de ne jouer que des  morceaux qui ne dépassent pas les trente secondes?

Je dirais que ça n’est pas la taille qui compte. Il est vrai que ça peut paraître curieux de limiter ses prestations à de l’Illustration Sonore de Courte Durée dans le Cadre de l’Animation de Spectacle à Vocation Humoristique dans la Mesure où il y a Lieu de le Faire ( l’ISCDCASVHMLF, pour reprendre la nomenclature instaurée par l’ANPE du spectacle lors de sa campagne de simplification des dénominations d’activités artistiques). Mais je sens que je vous ennuie déjà. Passons à la question suivante si vous le voulez bien. Et arrêtez de péter quand je parle.

Jouez-vous des reprises ou des compositions originales?

De l’authentique, Monsieur, rien que du fait maison, du roulé à la main, bref, de l’AOC, du funk qui sent bon le terroir. C’est un petit funk de bon aloi, sans prétention, mis en bouteille au château (en l’occurrence un appartement du 19e arrondissement, mais je compte sur vous pour ne pas divulguer cette information). Avant de produire notre petite récolte personnelle, nous nous sommes bien sûr rôdés sur des standards, ce qui était le cas lors de la précédente cérémonie des Gérard.

Quand aura lieu le prochain concert du Big Gérard's Band?

A ce qu'on dit, début décembre au théâtre du Splendid pour les prochains Gérard de la télévision. La classe non? On dit aussi que ce sera télévisé. Vous me ferez pensez à me laver les dents pour l'occasion.

Envisagez-vous de vous produire indépendamment de la cérémonie des Gérard un jour?

Nous projetons d’envoyer des maquettes aux chaînes de télé afin d’animer en direct certains programmes. Un soupçon de funk dans Des chiffres et des lettres, pourquoi pas ? Nous pensons également à de l’animation de meetings politiques, mais les orientations divergent au sein du groupe.

Niveau groupies, ça se passe comment? Qui choppe le plus dans le  groupe?

Je vois que votre curiosité est sans bornes. Pour être honnête, avec le funk, tu choppes plus comme avant. Nous vivons dans un monde où il est bon d’être en mesure de rivaliser avec des groupes à peine pubères, tous droits sortis d’un manga japonais, et chantant en allemand qui plus est. J’aimerais bien vous y voir. Ceci dit, ce serait mentir que de dire que notre petite formation n’occasionne pas, ça et là, qui d’un regard appuyé et langoureux, qui d’une petite tape coquine sur les fesses, qui d’une gentille fellation en coulisses. Quant au palmarès des membres du groupe, vous comprendrez que je ne veuille pas ruiner en quelques mots l’amour-propre que mes camarades ont eu tant de mal à se construire au fil de leurs brèves et rares relations avec le sexe féminin (ou autre). Mais à défaut de me répéter, et pour les rassurer, je dirais que ça n’est pas la taille qui compte. C’est quand même n’importe quoi cette interview. Mais poursuivez.

Pouvez-vous nous présenter votre projet solo "Monsieur Moutarde" en quelques mots?

Je vous remercie d’aborder le sujet. C’est en effet un projet musical personnel qu’on pourrait ranger dans la catégorie électro-dub, pour faire court. Mon premier maxi est sur le point de sortir sur le netlabel french-dub-released.org, et deux morceaux sont encore disponibles sur le regretté site dubzone.org, intégrés aux fameuses compilations qu’il éditait régulièrement. Je vous invite également à visiter la page myspace.com/monsieurmoutardedub.

 A titre personnel, quel Gérard célèbre auriez-vous voulu être, et pourquoi?

Il y a l’embarras du choix. Je dirais Gérard de Nerval, comme ça, ou peut-être parce que je ressens soudain une intense mélancolie à l’idée que cette interview prenne fin, et puis c’est l’un des rares Gérard à particule que je connaisse, et allez, Gérard Lanvin, par rapport à la scène torride de la salle de danse dans « Marche à l’ombre ». 

A gauche, monsieur Moutarde en action lors de la seconde cérémonie des Gérard du cinéma au Réservoir (printemps 2007). A sa droite, la suite du Big Gérard's Band sous la forme du sosie de Gérard Balette au laptop, le reste du groupe étant caché à droite de la photo derrière Frédéric Royer, maître de la cérémonie sous les feux d'une horde de photographes en délire. Photo prise par l'ex-future-ex-future-ex-future-ex-future-femme de Monsieur Moutarde, à laquelle toute l'équipe de Gérard Magazine claque une bise généreuse au passage.

 

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