Frédéric Royer
Fondateur des Gérard du cinéma, de la musique et de la télévision, au sujet de la première télévisuelle des Gérard de la télévision sur Paris Première.

Quel bilan tirez-vous de cette cérémonie à titre personnel ?

Par « à titre personnel », vous voulez dire ce que j'en tire pour ma personne ? Ou bien me demandez-vous plus simplement ce que j'ai pensé de la cérémonie ? Je ne voudrais pas vous apprendre votre métier, mais vous devriez être plus précis dans vos questions. Bien. Vous savez, j'ai pu donner, avec mes camarades, du bonheur aux gens, et c'est ça qui importe avant tout. Et il semblerait, au vu des réactions de nombreuses personnes, que nous soyons déjà devenus une institution, en à peine deux ans. Même pour d'indécrottables trublions rebelles comme nous, ça fait plaisir.

Et autour de vous ? Comment a réagi la profession ?

C'est ce que je viens de vous dire, vous n'écoutez pas.

Personne n'est venu chercher son trophée. Pourquoi ?

Figurez-vous que je n'ai pas pu leur demander, puisqu'ils ne sont pas venus. Et seraient-ils venus que cette question n'aurait plus eu de sens. Et puis il y avait deux nommés dans le public, Olivier Minne et Stéphane Thébaut, qui étaient venus chercher leur trophée mais sont repartis bredouilles. On ne peut donc pas dire que personne n'est venu chercher son trophée, mais plutôt qu'aucune des personnes étant venu chercher un éventuel trophée n'est effectivement reparti avec. Par ailleurs, le lendemain des Gérard, Flavie Flament, Valérie Payet et le producteur de L'Hôpital se sont manifestés pour récupérer leur parpaing : en fait, c'est bête comme chou, les invitations à la cérémonie sont pour beaucoup arrivées trop tard à leurs destinataires.

Beaucoup disent que les Gérard ont perdu de leur mordant en devenant télévisés... Que répondez-vous à ça ?

Je réponds ce qu'a répondu mon camarade Stéphane Rose à Jean-Marc Morandini, qui nous posait exactement la même question sur Direct 8 : les catégories sont certes moins agressives (ce n'est plus « le plus mauvais… » mais « le Gérard de… »), car étant désormais fort médiatisés, nous n'avons plus besoin de faire les coqs pour nous faire remarquer. A part ça, je trouve au contraire que nous avons gagné en mordant.

Des journalistes de Télérama dont j'ai oublié le nom ont écrit: «S'il y avait eu un Gérard de la cérémonie TV la plus pourrie, cette soirée l'aurait remporté haut la main. » Ca vous vexe ?

Ha ha ! Pas du tout ! Ha ha ha ! Allons !

Dans un journal dont j'ai oublié le nom, Christophe Ono-dit-Biot vous a comparé au « fils d'Edouard Baer et de Thierry Lhermitte ». Ca vous flatte ?

Tout ce que je peux vous dire c'est que Christophe Ono-dit-Biot est un immense écrivain doublé d'un extraordinaire journaliste.

Est-ce que de passer à la télé, ça permet de choper plus facilement ?

Ecoutez, excusez-moi, mais si vous croyez que j'ai besoin de ça…

Vous faites quoi de vos journées maintenant que l'événement est derrière vous ?

Je médite. J'écris mes souvenirs. Je prodigue des conseils à des jeunes… Vous savez, je suis quelqu'un de simple, dans le fond.

Rendez-vous l'année prochaine pour les Gérard de la télé, ou y aura-t-il des Gérard du cinéma entre temps ?

C'est amusant, figurez-vous que Paris Première, au vu de l'excellente audience des Gérard de la télévision, nous propose de diffuser les Gérard du cinéma en mai, au moment de Cannes. Mais, vous savez ce que c'est, il faut négocier tout ça.

Et au fait, Miss Météo, c'en est où cette affaire ?

Quoi donc ?

Et Infos du Monde ? Quand est-ce que vous relancez Infos du Monde ?

Jamais. Il convient qu'Infos du Monde reste mythique. C'est comme si les Gérard s'arrêtaient, et qu'on tente de les faire revivre quinze ans plus tard. Ou le Petit Rapporteur. Ou Midi Première. Non, non, c'est non.

 

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