L'actualité des sports par Gérard Bitre

Novembre 2007: un Gérard non averti coule le XY

Beaucoup d’encre a coulé pour rien. Et l'on pourrait palabrer encore davantage sur le naufrage du XV de France en ½ finale de la coupe du monde de rugby. La presse spécialisée a une nouvelle fois sorti son arsenal de platitudes et d'absurdités pour expliquer cette défaite au goût amer : stratégie du séléctionneur, carrences de notre jeu au pied ou mésforme ponctuelle de certains cadres. Que nenni que non. Cet écran de fumée ne peut masquer la véritabe raison d’un tel échec. Et à l’heure où la fiction de la « Chabalmania » s’autodémystifie, il est temps de jouer franc jeu. Ce qui me laisse vraiment un goût amer, c'est la feuille de match… Michalak, Ibanez, Pelous, Betesen. Soit. Mais où est David Gérard ?

Né en 77, ce varois originaire de Toulon, surnommé la bête bruante, est pourtant un beau bébé : son mètre 98 et ses 121 kg en font l'un des tout meilleurs deuxième ligne du monde. En atteste son palmarès : avec Toulouse, club où il évolua de 2000 à 2006, il remporte un Bouclier de Brénus (2001, finaliste en 2003) et de deux coupes d'Europe (2003-2005, finaliste en 2004). Je le dis tout de go : c'est l'expérience, la force, la puissance et la maîtrise d'un joueur aussi capé qui a  fait défaut contre le XV de la Rose.

Pourquoi s'être passé d'un tel cheval de Troie ? David Gérard connaît parfaitement le jeu « rossbief » puisque depuis 2006, il évolue au sein du prestigieux club british des Saints de Northamton. Cet exil explique sûrement sa surprenante non séléction, qui a d'ailleurs estomaqué l'ensemble de la planète ovale. Alors M. Laporte, pourquoi vous êtes vous privé de votre meilleur atout ? Preuve par neuf, le naufrage de la petite finale. D'aucuns aura remarqué le manque de percution d'un coq plutôt déplumé...

David Gérard aurait pu marquer de son empreinte cette triste coupe du monde. Et bien que l'histoire ne puisse pas être réecrite, il faut espoir garder : l'avenir appartient aux Gérards!

Fort de ses 49 caps en coupe d'Europe et de prometteurs débuts en bleu (un match contre les Tonga en 1999 et une séléction A contre l'Australie en 2002), espèrons que son retour pour la saison 2007-2008 au Racing Métro 92, va lui permettre de réintégrer – et pourquoi pas de prendre le brassard - du XV de France!

Lorsqu’une nation est assez sûre d’elle-même pour se priver d’un atout que tout l’hémisphère Sud nous envie, nous pouvons légitimement attendre un sérieux retour de manivelle. Alors, M. Laporte, péché d’Orgeuil ? Si notre séléctionneur est capable d'envisager un titre mondial en se privant de David Gérard, alors, qu'on ne me reproche pas d'enfoncer une porte ouverte : M. Laporte, c'est par ici la sortie, par la toute petite porte!

Depuis Garges-les-Gonesses 95140,
Pour la rubrique sport,
Voter dévoué,
Gérard Bitre.

 

 

 

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