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L'hommage d'un Roger à un Gérard
Dans le cycle des Princes d'Ambre
de Roger Zelazny, toutes les variations possibles de mondes sont des
reflets d'Ambre, le monde originel, sur laquelle tente de règner une
fratrie machiavellienne. Premier constat, Zelazny, grand détourneur
de mythes, ne s'y est pas trompé: sur la douzaine de princes aux noms gaèliques,
germaniques et scandinaves, on y retrouve un Gérard, hommage à l'héritage
immense de ce prénom. Second constat : si les princes
sont tous possédés par une ambition dévorante et au mieux à moitié
fous, Gérard, lui, est un honnête et simple homme doté d'une force
prodigieuse; là où ses frères et soeurs sont consumés par la soif du
pouvoir, on ne trouve chez lui que saine probité. Bien sûr, les
chroniques relatés par le sournois Corwin laissent penser que Gérard est
plus simple d'esprit que simple, mais peut-on vraiment se fier au récit
de cet aristocrate corrompu? La réponse est évidemment non,
nous reconnaissons tous dans les attributs du Prince Gérard le concentré
des qualités qui nous amènent à apprécier les Gérard au quotidien, et
l'on peut penser que l'auteur n' acherché là qu'à insérer dans sa
trame narrative une ancre morale, contrepoint aux turpitudes de cette
Byzance fantasmée. Bel hommage d'un Roger à un Gérard. Gérard Zémétiers |